PSYCHO et SEXE III

Publié le par tex

 

3eme semaine : La sexualité, une fatalité ?


 

 

Mes propos vous paraîtront peut-être aujourd’hui imbitables, et pourtant ils le sont.

A l’aube de l’an 2000, pour le sexe c’est le plus même deal disait le sociologue Shen dans le superbe ouvrage « conseils aux parents pour ne pas laisser traîner leurs fils » (Shen & Star -1998- Editions Nique la Pléiade)

Et effectivement, le sexe du futur n’aura peut-être pas le même goût. Maintenant que nous pouvons nous reproduire sans nous accoupler et nous accoupler sans nous reproduire, le sexe n’est plus un devoir social pour le bon fonctionnement de la société mais un droit au plaisir que les doigts de l’Homme ne garantissent pas forcément.

Insatisfaction, frustration, manque : du pré pubère boutonneux accroché à son joystick à la veuve solitaire qui n’a pour amour que les feux du même nom et son caniche nain, du couple en panne qui n’a plus fait le coup de la panne et dont le désir se fane,  à la jeune vierge tremblante ayant peur et dégoût de la bête, la sienne qui miaule devant les stars des plateaux de télé, et l’autre, celle qui rôde immonde et fécondera son ventre en passant par la Brecht, l’Humanité se divise en deux, ceux qui aimeraient pouvoir et ceux qui se sont endormis.

Les philosophes se disputent depuis la nuit des temps (visiblement ils n’avaient rien d’autre à faire cette nuit-là) sur l’emprise des passions et des pulsions pour nous pauvres petits êtres humaines en proie aux désirs qui nous rongent. Et qu’en ont-ils conclus ? Qu’au moins quand on philoliloque, on en oublie ses problèmes de gonzesses. C’est ce qu’on appelle de la sublimation. En gros, si vous avez été refoulé, ou vous pleurez toutes les larmes de votre corps ou vous vous attelez  au puzzle de 4000 pièces rangés dans la cave et qui représente un carré de verdure vue au microscope.

« Mais la sexualité c’est aussi du bonheur, de la jouissance et du partage ! » m’opposeront les gens bien équilibrés, bien en couple, et  « bien baisés ».

« Je sais pas, j’ai jamais essayé » aurais-je pu répondre dans une débandade peu digne de moi et il faut  l’avouer mensongère.

Si les prolétaires et les bobos revendiquent leurs pauvreté matériel, si les intellectuels et les éditorialistes bien pensant se plaignent de la pauvreté culturelle des masses laborieuses, qui s’élève contre la misère sexuelle qui touche (et elle est bien la seule malheureusement) nos indigents de la jouissance ? qui, hormis certains penseurs libertins toujours prêts à voler dans les plumes de la morale, (les plumes c’est bien mais « Ou-est-le-bec » quand même !) qui donc prendra la défense des femmes abonnées aux simulations pour la tranquillité du couple, des solitaires culpabilisés par l’opprobre jeté sur la pornographie, qui reprendra le débat sans fin sur le plus vieux métier du monde, débat datant lui aussi probablement de cette fameuse nuit des temps, ce qui me fait penser qu’il y a à coup sure une corrélation entre la philosophie et la prostitution, ce qui ne m’étonnerait pas vu le physique habituel des philosophes, ça ne devait pas être facile pour eux tous les jours. 

Mais je m’égare… Avant de conclure, et c’est pour moi un exploit, je voudrais revenir à la place du psychologue face à la souffrance qu’engendre l’insatisfaction de nos pulsions. Si tous les grands penseurs ont donnés de leurs théories pour expliquer nos pulsions, peu ont apporté des solutions. Que dire d’une société où tant de gens fonctionnent aux antidépresseurs, où les délinquants sexuels sont soumis à la castration chimique et où les sex-toys deviennent la panacée de la liberté sexuelle ? Pour continuer la réflexion lors des moments de grandes solitudes, voici quelques méditations promptes à la sublimation.

-Si la burqua symbolise la répression de la féminité dans les régimes traditionalistes rétrogrades, le string ficelle apparent est il un signe de soumission à la mode dans nos régimes capitalistes ? 

-Si les Hommes et les Femmes sont égaux, la galanterie est-elle un abus de pouvoir ?

-Si nous sommes tous des êtres de désirs sexuels, pourquoi se sont toujours les mêmes qui tirent leur carte du jeu ?

-Est-ce normal que lorsque j’entends le mot « liberté sexuelle » dans les magazines féminins, je pense à la façon dont le terme « démocratie » est utilisé dans les régimes dictatoriaux africains ?

 

Bonne libido à tous et mes amitiés à vos fantasmes. 

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D
Bonjour,Difficile d'ajouter un commentaire, tant cela sonne juste. J'émettrai juste une petite critique : je ne connais pas de bobo pauvre, ce serait plutôt le contraire.Pour le reste, l'avant-dernière phrase ou question est à graver en lettre d'or : "Est-ce normal que lorsque j’entends le mot « liberté sexuelle » dans les magazines féminins, je pense à la façon dont le terme « démocratie » est utilisé dans les régimes dictatoriaux africains ?"La liberté sexuelle, ou même la sexualité, ce n'est pas pour tout le monde! (voir aussi les dispositions d'une loi de 2003 sur le racolage passif, et la garde à vue suivie d'une mise en examen de clients de prostituées niçoises en juin 2008).Non mais tout de même!Didier<br />  
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