Le « travail sur soi » du psychologue.
Voici une petite réflexion que je vous propose de partager. Comme la plupart des nouveaux psychologues, je me suis penché sur la question d’un travail sur soi pour accompagner ma pratique. Ayant de l’argent (un peu), du temps (un peu plus) et de la motivation (ça dépend des jours), je suis parti en quête d’un lieu pour ce fameux travail.
Pour les adeptes de la psychanalyse, la solution est assez simple, il suffit de faire une psychanalyse qui par miracle la vertu de la cure permet non seulement d’avoir son travail sur soi, mais en plus pour le même prix, de devenir psychanalyste.
N’étant pas croyant, je cherchai une cure qui pourrait me permettre d’avancer dans la connaissance de moi-même sans passer par le stade anal et la mère suffisamment castratrice pour la résolution de mon Œdipe.
J’eu du mal à trouver le bon thérapeute qui me permettrait ce merveilleux travail. Il faut dire que je n’y ai pas mis beaucoup du mien. Je n’étais pas particulièrement intéressé par la parapsychologie, l’énergie transcendantale, la scientologie, l’ésotérisme, le cri primal, et je l’avoue la thérapie orgasmique me laissa songeur, mais sans plus.
Se posa alors à moi la véritable question, « c’est quoi un travail sur soi… ? ». Cinq années d’études (voir six) pour en arriver là, je dois avouer que je n’en menais pas large. Je repris alors mes cours, quelques lectures par-ci par-là, pas mal de googlisme, et enfin, j’avais ma réponse. « Ma qué, le travail sur soi, c’est faire oune travail sur son soi pour mieux se connaître ». « Connais-toi toi-même » disait le plus Vandamien des grecs, « Je est un autre » répondait le Steevy du XIXème siècle.[1]
Le travail sur soi, c’est donc une sorte d’introspection permettant de connaître ses failles, ses forces et ses faiblesses, et tout cela pour permettre au bon psychologue (qui n’a rien à voir avec le mauvais psychologue, ni avec le mauvais sein) de faire la part des choses entre ce qu’il ressent et ce que lui renvoi son patient. Bonne réponse de Xavier D. de Paris.
Mais bon, une fois qu’on a dit ça, on a rien dit. De l’introspection donc. Avec ou sans tiers (payant) ? Avec ou sans médium (de l’équi-thérapie à l’art-thérapie en passant par le training autogène et le rorschach) ? Masser un poney avec de la peinture pour faire des belles taches ne m’introspecte pas des masses.
Soyons clair à ce stade (oral ou Français selon les cultes), je fais bien la différence entre formation continue (que l’on retrouve dans un certain nombres de métiers et qui est fortement encouragé dans notre code de déontologie), supervision de pratiques (ah, les groupes Balint, quelques grammes de finesse dans un monde de brutes) et le travail sur soi.
Sur les deux premiers, entre mes lectures, la préparation de mon doctorat, et les réunions de travail des cas avec mes collègues, je suis à peu près dans les règles. Mais pour ce futur travail sur soi, je me sens un peu délinquant.
Dire que j’ai dû mentir à mon travail, en disant que bien évidement je suivais une psychanalyse, que ma pratique était avant tout psychanalytique, et que la psychanalyse m’habitait (et inversement). Je n’en suis pas très fier, mais ça aurait pu être pire, j’aurais pu leur dire que je me sentais totalement compétent !
C’est tout de même un drôle d’idée ce travail sur soi. Si on enlève toutes les personnes qui suivent des pratiques de charlatans, peut-on vraiment dire de façon scientifique (oh le gros mot, que vient-il faire en plein cœur des sciences humaines ? Je l’enlève immédiatement) rationnel que les personnes suivant de façon régulières un travail personnel, non pas pour régler un problème personnel, mais pour véritablement se mettre au clair sur leur être profond, sont des gens réellement plus épanouis efficaces aptes dans leur pratique ?
Alors bien sûr, à ce niveau de lecture, j’entends déjà les cris d’orfraie (« or frais » dirait le Ruquier de la psychanalyse française des années 60) de mes chers collègues soupirant à la provocation et au manque de recul de mes propos, mais tout de même, quitte à me soumettre corps et psyché dans un processus identifiant et identificatoire, j’aimerais savoir où je met les pieds.
Je me retrouve donc à la case départ, mais sans qu’un psy ait touché 5000 euros et sans avoir fait de jeu de mot avec « travail sur soi / travail sur soie ». Bilan plutôt négatif.
Je jette donc ce message comme une bouteille à la mer, et je vous promets de faire une petite synthèse de toutes les réflexions qui me seront faites à la suite de cet appel.
Il faut reconnaître que le monde des psychothérapies (n'ayons pas peur des mots) est une grande nébuleuse, et ce même chez les psychanalystes... Après c'est difficile de s'embarquer dans un "travail sur soi en profondeur" si on considère qu'on a aucun problème et que tout est limpide. Ma décision personnelle d'une analyse a été motivé par une grande curiosité, la volonté d'aller au bout de quelque chose et une histoire personnelle qui nécessitait, de toute manière, une analyse et pas une thérapie brève par exemple (c’est ce dernier argument qui m'a motivé le plus). Après ça m'aide beaucoup dans mon travail et je pense que ça se voit et se sent aussi professionnellement. Difficile de proposer un travail psychothérapeutique à un patient quand on en a pas fait un soi-même d'ailleurs. D'ailleurs une analyse ou une psychothérapie perso c'est aussi une manière de se protéger, surtout quand on débute, de l'impact psychique de ce qu'on entend et ressent face à la souffrance de l'autre....
L.
"Difficile de proposer un travail psychothérapeutique à un patient quand on en a pas fait un soi-même d'ailleurs. "
C'est discutable... Tout ce que je propose à mes patients, je ne l'ai pas forcément testé avant, et de toute façon, quand bien même je l'aurais fait, cela ne justifierais rien de la validité de ce que je propose.
Quand on dit "psychothérapie" à part la psychanalyse, je ne vois pas trop ce qui peut entrer dans ce cadre pour le travail sur soi....
"Difficile de proposer un travail psychothérapeutique à un patient quand on en a pas fait un soi-même d'ailleurs. "
Escuse moi je me suis mal exprimé quand je dis "proposer" c'est avec moi qu'il le fait le travail psychothérapeutique...je peux pas accompagner un patient dans cette démarche si je n'y suis pas passé avant...Voila ce que je voulais dire:-) (après on peut choisir, en tant que psychologue, de ne pas le faire...)
De plus, il me semble que toute psychothérapie implique un "travail sur soi"...
"De plus, il me semble que toute psychothérapie implique un "travail sur soi"...
De type analytique, mais pour les autres??? systemique, tcc, couple, etc....
Et puis "travail sur soi" c'est un peu fourre-tout et même prétentieux, si c'est juste pour dire "reflechir sur soi-meme".
Si lidée de savoir faire la part des choses entre ce quil ressent et ce que lui renvoi son patient me semble clé dans notre pratique, cest aussi lun des buts affichés de la supervision.
Alors quel est le but de la thérapie en compléménet de la foration et de la supervision. En quoi est-ce une valeur ajouté? On se connait mieux, on identifie mieux ses réactions? Donc si je suis en thérapie, je suis plus au clair avec moi même, donc plus apte à la pratique? De la à expliquer que se connaisant mieux, on devient un meilleur être humain ..
PS1: jai ri là : la thérapie orgasmique me laissa songeur, mais sans plus et à plein dautres endroits mais surtout là.
PS2: Le simple fait de comparer Steevy et Rimbaud ne justifie til pas en soi une thérapie (à but non professionnels)? De toute façon Steevy, lui, ne finira jamais trafiqueant darmes.
PS3: On ne dit pas refléchir sur soi-même mais se regarder le nombril.
PS4: Cher auteur, en fait tes pas si bête
Ce travail sur soi (cette expression m'emmerde au plus au point, c'est tout de même un peu puant...) ou cette prise de recul dirons-nous peut, bien sur, être facilitée ou même déclenchée par une psychothérapie. Pourtant les expériences de vie, les réflexions et les introspections peuvent être intenses et suffisantes (nous voilà alors aidés par les évènements et les acteurs de notre vie quels qu'ils soient).
Tout cela pour dire que les règles dans le domaine m'exaspèrent et que le patient en face de nous réclame de l'empathie et pas un partage d'expérience.
Pour mon cas personnel, je me suis fixé 4 critères pour aller en psychothérapie:
Avoir assez de fric...
Avoir assez de temps pour profiter d'un plaisir intellectuelle certain (je m'ame tellement que ça risque de me plaire...)
Eprouver des difficultés personnelles telles qu'elles rejailliraient notamment dans mon métier
Qu'on arrête de me prendre la tête avec les "il faut que tu " (après tout ça n'a du sens que si c'est un démarche personnelle...)
Yann
Yann je t'aime!
G. aussi d'ailleurs.
L'idée du "talibanalyste" (ayatollah de la psychanalyse), ça me plait bien.
A ce propos, voilà ce je viens de recevoir à l'instant de la part d'un professeur à qui je propose un groupe de supervisions des pratiques : "La question des références de XXX et Xavier : ont-ils commencé un travail analytique ? Dans quel cadre ?"
Bigre, mes références vont en prendre un coup...
ps: C'est rigolo cet anonymat des posteurs.
Dis moi, en fait c'est pas du tout agréable de discuter sur ton blog (j'avais jamais fait ça...). C'est un peu agressif les réponses des uns et des autres, en fait c'est pas agréable du tout... moi je parlais de moi (puisque la rhétorique de la citation marche à fond les ballons, je m'auto-cite "Ma décision personnelle...") ... j'ai failli, au départ te répondre personnellement...Qu'on me traite de moralisatrice ou de fasciste, pour quelques mots écris vite fait, c'est blessant et ça montre l'ouverture d'esprit de certains interlocuteurs.
J'ai un peu l'impression d'être devant une production Jean-Luc Delarue, ou encore mieux le Jerry Springer Show (RTL9 pour les afficionados... euh, ou AB1 je ne sais plus) ... tu vois le genre de faux débats dont on sait déjà l'aboutissement, mais où on invite toujours quelqu'un qui permet de fédérer contre lui...
L'invitée mystère
P. S. : Je te propose comme prochain sujet de débat "Qui est d'accord avec moi pour dire qu'on a qu'à être d'accord, comme çà ce sera trop cool" ou encore "L'enculage de mouche : pour ou contre ?".
Comme je vois qu'on est entre gens de bonne compagnie, je vais ajouter mon pti grain de sel à ces questionnements.
En ce qui me concerne, je me pose la question depuis un pti bout de temps de commencer ce fameux "travail sur soi", mais je repousse pour cause de pas de thunes, et de pas beaucoup de temps non plus (les initiés y verront peut être un travail acharné de mes défenses inconscientes... en même temps, mon banquier m'a l'air bien réel).
Un des justifications qui pourraient me pousser à faire le pas serait de trouver un travail dans lequel je serais amenée à faire des suivis désignés comme thérapeutiques. Bien sûr, parce que les projections etc etc, mais aussi parce que je pense qu'il est important de se mettre "dans la peau" d'une personne lambda qui va voir un psy. On a beau savoir que ce n'est pas une démarche facile, l'expérimenter permet -je pense- d'en prendre réellement conscience, et de mesurer alors quelles sont les défenses qui peuvent se mettre en place et comment.
Après, sur le "comment s'y retrouver dans cette jungle de charlatans d'envergures différentes", je n'ai pas trop de réponse. J'ai une idée bien précise du type de courant que je choisirais, je sais aussi que je veux pouvoir avoir le choix entre plusieurs thérapeutes, et donc aller en voir plusieurs au début pour un premier entretien, mais j'avoue que la multitude des offres me donne plus envie de repousser le moment où il faudra franchir plusieurs portes pour trouver LE/LA thérapeute (parce que oui, aussi, homme ou femme, c'est important).
Et je suis d'accord pour dire qu'il ne FAUT pas commencer une thérapie juste pour en faire une. Il faut le sentir. Et moi je le sens pas tout de suite, et je ne m'en torture pas pour autant.
Voilààà !
Et big up à toi Xavier, comme on dit dans le 9.3. ça fait plaisir de revoir tes ptis dessins ailleurs que dans le BDE :p
Pour ajouter mon grain de sel, je commencerai par dire que "faire un travail sur soi", ça ne veut pas dire grand chose. Pire, c'est hermétique et chacun y met ce qu'il veut. Je me suis fait tatouer "PSY" sur la fesse gauche, ça compte ?
Ce ne serait pas de la toute puissance de croire que, parce que j'ai fait 5 ans de psycho je peux soutenir quelqu'un ? Parce que j'ai bien appris tout plein de leçons et compris plein de choses je peux t'aider régler tes problèmes ?
Ce ne serait pas de la mégalomanie, avec un brin de fanatisme, de dire qu'il faut "s'approfondir soi même" et passer par une analyse / thérapie pour pouvoir le faire subir aux autres ? Entrez dans le cercle fermé des analysés et des thérapisés, vous comprendrez…
La question me semble plutôt être : qu'est-ce que ça apporte ? Il est clair, et tout le monde semble d'accord avec ça, que faire un travail sur soi pour faire un travail, est une aberration.
Oui, mais. Oui mais travailler en clinique, ou plutôt travailler avec un sens clinique ça demande de la sensibilité. Nous avons tous notre gamme de sensibilité particulière, à telle ou telle dimension. Mais quid des autres dimensions ?
Il suffit de prendre les patients qui nous conviennent me dira-t-on. Mais comment savoir ou nous emmènera notre déprimé du lundi (d'abord les déprimés je les mets en fin de semaine, parce que le week-end ça me remonte le moral) ?
Et puis les thérapies c'est quoi au fait ? C'est quoi le but ? Parce que si on avait que des déprimés, des paranoïaques, des obsessionnels compulsifs ou autres, dans nos cabinets la vie serait simple. On n'aurait pas vraiment besoin de nous. Un bon manuel de psychopatho et hop. Tout est clair, on règle les choses ou on fait avec, point.
Non, le vrai défi, c'est celui qui vient consulter et qui va bien. Ben pourquoi il est là ? Ben pourquoi on est tous là en fait. Pas en thérapie, sur terre je veux dire. En vie quoi.
Est-ce qu'on n'a pas tous un chemin à faire pour se réaliser ? Pour se vivre pleinement ?
Et pour revenir au thème, 5 ans (ou 6 :) de cours ça nous suffirait ? Études de psycho, un condensé de vie ? Je ne suis pas très sûr… Alors pour faire ce chemin, pour être un peu plus entier, pour pouvoir être un peu plus soi, pour pouvoir aider, guider, soutenir il faut sûrement faire quelque chose d'autre…
Une thérapie ? Oui. Pourquoi pas. Mais pas seulement. Faites du sport, du dessin, l'amour, la guerre, bref ce que vous voulez, mais ce qui vous correspond surtout.
Un maître Zen disait que pour se réaliser, peu importait le moyen, il suffisait de se trouver soi, on pourrait passer sa vie à tracer un trait, encore et encore. Toujours le même. Un jour, on se trouvera soi-même en train de tracer un trait, et là on se sera réellement trouvé…
Oui bon, les maîtres zen, ils disent aussi des conneries, mais moi d'abord je dessine très mal, et puis, après tant d'années de psycho, je me dis que ça ira plus vite si je fais une thérapie que si je dessine…
Par contre, je trouve honnête de se remettre en question. Avant de devenir prof d'équitation, je vais peut-être arrêter de manger du cheval. Avant d'avoir des patients en thérapie, je vais peut-être essayer d'être conscient de moi. Je dis pas régler tous mes problèmes (d'abord j'en ai pas alors…) mais au moins les identifier et savoir comment je peux y faire face.
Je ne vais pas aller en analyse pour savoir comment ça fait de s'allonger, ni pour comprendre mes patients, mais peut-être parce que ça me parle et que ça sera, pour moi, le meilleur moyen de me connaître.
Ce serait ça alors un "travail sur soi" ? Se connaître un peu mieux pour pas dire aux gens comment être, pour pas leur dire : "faites comme moi je vais bien", juste pouvoir leur dire : "je ne peux rien pour vous, mais appuyez-vous sur moi et vous trouverez, en vous, votre chemin".
Les études, ça nous apprends le "comment faire", mais le "quoi faire", y'a que la vie pour nous l'enseigner. Alors soit on vit longtemps, soit on vit intensément (mais ça prends encore du temps), soit on essaye de comprendre un peu comment on vit (en massant des poney, pourquoi pas…).
S'il est mystique de croire que seule l'analyse de soi permet d'introspecter son soi profond (attention par où ça passe), il est mégalo de croire que les études ont suffit (voire dangereux). Faire une analyse / thérapie ou autre, c'est peut-être le raccourci qui nous évitera d'attendre encore 30 ans avant de pouvoir mieux saisir son prochain, avant de pouvoir être encore plus efficace. Ne pas passer par là n'est pas forcément un problème (quoique, pour certains, des fois…) mais limite quand même notre champ d'action.
Le travail sur soi commence sûrement par trouver sa limite. Après, chacun est libre de travailler à la repousser. Ne pas la connaître, la nier ou travailler au-delà, ça peut quand même être un peu dangereux pour nous, parfois. Par contre c'est toujours dangereux, pour l'autre, en face…
Cher Monsieur Steeve Rimbaud, j'aime beaucoup ce que vous faites, même je me suis demandé si t'était pas plusieurs pour écrire tellement des fois tu diverges sur toi-même. Ca doit être ça la pensée complexe.
Je suis en total osmose quand tu parles du trait à tirer, et du sport, et de l'amour et de la guerre (heu, non pas là).
Ta conclusion par contre m'a un peu perplexé "Ne pas passer par là n'est pas forcément un problème (...) mais limite quand même notre champ d'action. "
Si ca limite, c'est quand même un probleme pour quelqu'un de consciencieux, non?
Visiblement une de tes verges dit qu'il faut surtout se découvrir et s'épanouir, et dans les neufs autres, il y en a une qui dit que c'est quand même par la thérapie qu'est le meilleur chemin. (je cite ta verge :
-Une thérapie ? Oui. Pourquoi pas. Mais pas seulement. (seulement ou uniquement ou forcément?)
-ça ira plus vite si je fais une thérapie que si je dessine… (la thérapie est donc un chemin d'épanouissement)
Ce qui me ramène à deux interrogations:
-La psychanalyse sert-elle pour l'épanouissement de la personne? (quelle soit là pour le mieux etre de la personne en souffrance et/ ou pour une expérience personelle sur sa psyché est un autre débat...)
-Existe-t-il d'autres thérapies que la psychanalyse qui ont cette vocation?
-Heu, en fait, je crois que ma vraie question, c'est à part la vie, les rencontres, les lectures, et tout le toutim, y a t il un lieu ou c'est marqué "ICI ON TRAVAILLE SUR SOI ET CA EPANOUIT ET REND PLUS COMPETENT" ?
Si ce lieu magique n'existe pas, pourquoi on me rabat sans cesse la question de savoir si je fais mon TSS? (ouaip, c'est plus rapide à ecrire)
ps : Je tiens à rappeller quand meme que je ne néglige pas la formation continue et la supervision des pratiques...
Amicalement, et n'oubliez pas de regarder mes dessins sur le blog, c'est mon trait zen à moi ;-)
POur ouvrir un peu le débat,
Un excellent article de BEAUVOIS sur l'unité de la psychologie
http://a.dorna.free.fr/RevueNo8/Rubrique4/R4SR1.htm
dans une revue numérique excellente puisqu'ils ont publiés deux de mes articles (qui sont dailleurs pas terribles....)
Grande question que je me posais sans me poser, que je laissais
flotter sans trop y faire attention... et bim, Xavier D. me la balance
comme ça, par un moyen dimanche de janvier.
Pour moi, d'abord, il était évident qu'il fallait faire un travail sur
soi. Pourquoi "évident" ? Parce que. Parce que tout le monde le disait
sur le ton de l'évidence.
Oui, et alors ?
Freud a-t-il fait un travail sur soi ? Que dalle.
Oui mais qui dit travail sur soi ne dit pas forcément psychanalyse.
Certes.
A chaque personne travaillant avant tout pour sauver les êtres
humains, quelle que soit la dénomination de son activité, j'aimerais
demander : pourquoi ?
Quel bénéfice personnel une personne en tire-t-elle ?
La réponse n'est pas forcément avouable au premier venu, à commencer
par soi-même.
Mais cette réponse pourrait en dire long sur notre fonctionnement
seul, en famille, entre amis, entre professionnels, en tête-à-tête, au
sein d'un groupe, etc.
Soit, il s'agirait donc d'une pure question de curiosité.
Oui, mais pas seulement.
Celui qui est curieux, c'est celui qui va vers l'autre, pour mieux
revenir vers lui-même.
Mais sa façon d'aller vers l'autre diffère en fonction de cet autre,
et le chemin du retour peut-être plus ou moins plaisant.
On peut même avoir envie d'éviter cet autre pour ne pas se taper
péniblement le chemin à l'envers.
Le truc, c'est que quand tu choisis de travailler avec les autres,
pour les autres, de manière inconditionnelle, t'es un peu obligé des
fois de te taper des autres qui te font grave chier. Ou que tu kiffes
comme un malade - sauf que t'es pas sensé être malade justement.
Personnellement, c'est en fin d'adolescence que j'ai commencé à
prendre du recul, à me poser des questions sur mon étagère, à être
curieuse de moi, et des autres. Puis avec les stages et les
expériences personnelles, la maturation, j'ai commencé à me cerner, et
à me sentir cernée, limitée en certaines situations.
Sans aucun "travail sur soi".
Par exemple, un enfant qui arrive et qui court vers moi pour me faire
un bisou, si c'est ma p'tite cousine, c'est cool, si c'est un patient,
mon cerveau s'emballe : il doit trouver très rapidement (c'est-à-dire
le temps que l'enfant arrive jusqu'à moi) comment réagir en "psy" :
pas de bisou, pas être trop sèche non plus, marquer une distance
suffisante pour que tout se passe bien.
Situation extrêmement embarrassante.
Eh bien en essayant de comprendre
1. Pourquoi l'enfant s'est autant attaché à moi ?
2. Pourquoi j'ai été attachante ?
3. Pourquoi je suis contente qu'il courre vers moi ?
4. Pourquoi ça me saoûle ?
les nouvelles fois où une telle situation s'est produite (situation où
j'étais l'objet de désir, et où ma réponse pouvait soit attiser ce
désir, soit le "castrer", soit l'apaiser), j'étais plus cool, plus
unifiée entre ma personne et mon rôle, et je savais quelle attitude
adopter pour que tout se passe bien pour nous deux - nous trois :
l'enfant, moi la psy, et moi la chaudasse.
Cette situation, c'était pas la mort, mais pas un détail non plus.
Autre cas, quand celui ou celle qui est en face de moi donne des coups
de pieds dans ma bienveillance, ce qui fait que je n'ai pas envie de
l'aider (il est perdu, je m'en fous), ou alors j'ai envie de le
tackler un bon coup (ça t'apprendra, p'tit con), ou si cette personne
m'ennuie mais d'une force...
Naturellement, j'aurais envie de laisser tomber. Ouais mais sauver
l'Univers, ça veut pas dire faire du tri sélectif, et hop, la poubelle
jaune, c'est pour ceux qui m'ennuient, la blanche, pour les ceusses
qui sont trop cons, la rouge, pour ceux qui ne méritent pas que je les
sauve, etc.
Mais si je me pose les mêmes questions que tout-à-l'heure, me voilà
apaisée, et prête à changer ma perspective pour me recentrer sur ma
tâche, avec comme matos ma petite personne qui, à l'origine n'était
pas fan de la situation.
Bref, faire un travail sur soi, ce serait faire en sorte de mieux se
connaître soi-même pour être mieux à même d'aider les autres. Quand tu
te demandes si c'est effectivement une condition essentielle, j'ai
envie de te répondre oui : travailler sur soi, c'est sortir de soi,
être son propre objet d'étude, souligner les choses importantes, les
points saillants et trouver la bonne attitude, qu'il n'y a "plus qu'à"
appliquer.
La formation continue, c'est avant tout pour acquérir un savoir-faire
technique.
Les groupes de supervision peuvent amener à réfléchir sur soi, mais je
les perçois plus comme un sas de décompression et de recomposition.
D'abord.
Et le "travail sur soi", c'est ton truc à toi, ton heure de vérité,
face to face to yourself, et en ce qui me concerne, l'élargissement de
mes limites de compétences professionnelles consécutif à une meilleure
connaissance de moi-même.
En période de turbulences, je crois que c'est aussi un excellent
garde-fou pour ne pas péter un câble devant tes patients*. Déconne à
fond avec ton psy, fais-le chier, chiale, morve, critique-le,
t'façons, il est payé pour ça, et avec tes patients, t'auras l'air
normal ;)
Bien-sûr, c'est pas magique, moi, j'ai choisi la psychanalyse parce
que ça me parlait bien - et que je parle beaucoup alors... payer
quelqu'un pour se faire entendre, le pied ! (éventuellement, je te
paierai pour m'avoir lue). Et même si parfois je me dis que c'est
juste une énorme arnaque à deux balles (et beaucoup d'euros), j'suis
forcée de constater qu'il se passe des trucs métaphysiques de dingue
auxquels je ne crois absolument pas, que je rechigne à rattacher à ce
début de cure, et pourtant... (genre j'ai perdu 4 paires de gants
depuis le début - mon psy serait-il fétichiste ?).
Voilà, je me suis étendue devant toi, comme ça, sans aucune pudeur
(putain, 'faudra qu'j'en parle à mon psy !), je n'ai probablement pas
répondu de manière scientifique à ta question, je ne me permettrais
pas de te conseiller quoi que ce soit, si ce n'est d'essayer, ça
n'engage à rien.
J'ai tergiversé pendant 2 ans, sentant le besoin de le faire (en
stage) mais brandissant toujours la même excuse "c'est trop cher et au
BAPU 'y a trop d'attente", je me fuyais un peu en fait, je crois.
Chacun a ses raisons, toi, là, on dirait que c'est d'abord ta
conscience qui te harcèle - mais peut-être que ça te plaît ?!
- - - - le passage qui suit est pas mal hors-sujet - - - -
*J'ai passé un moment très très difficile, je n'étais pas encore en
analyse, je n'ai entamé cette analyse que parce que je n'avais plus
d'excuse, mais pas par envie du tout à cette époque, et je me suis
rendue compte que je ne m'autorisais pas à aller mal.
Maintenant, si, et ça va beaucoup mieux ! Quelqu'un qui est là pour
faire raisonner à quel point ça va pas, ben t'es obligé de te rendre à
l'évidence : ça va pas du tout. Et en plus, l'autre n'a pas l'air de
trouver ça répréhensible.
Je me suis ramassée deux fois dans ma vie, et rétrospectivement, ces
deux fois-là (sans psy l'appui) m'ont fait beaucoup de bien.
Finalement, je m'aime bien, j'suis pas tip top, mais j'suis ok pour
tracer ma route avec moi - et donc pour sauver le monde :)
Voilà, monsieur, il ne me reste plus qu'à vous adresser mes sincères
salutations.
jai moi meme suivit une therapie et ete manipuler mentalement par cette individu et en a ete abuse
jaimarais trouver des associations parler de se probleme afin que cela ne se reproduise pas
merci
cordialement
Et que, de plus, elle s'adresse aux personnes présentant une pathologie , non pas à celles qui cherchent d'où elles viennent et leur role sur terre *ironie*
Mais je pense que c'est le concept de mal-être ou mieux-être qui est à définir entre nous plutot que celui de thérapie... ;-)
Nous avons des cours de neurologie, de pharmacologie ou autre pour nous permettre de comprendre mécaniquement ce qui se passe dans le corps de la personne, pas dans sa tête (nous ne sommes pas psychologues ou psychanalistes) . Nous considérons l'art comme un moyen de parvenir à un objectif thérapeutique précis (ex: si la personne est dépressive et ne fait plus rien par elle même, l'objectif serait qu'elle recouvre une certaine autonomie).
Dans cette optique, nous n'analysons pas le travail réalisé et nous n'entrons pas toujours dans la psychologie du patient.
C'est une autre façon de voir les choses...
Le but n'est pas tendu de la personne vers l'art mais l'art vers la personne, et même mieux, l'art à son service, comme moyen de retrouver un mieux vivre
Je ne suis pas psychologue...juste victime d'une psychologue qui aurait bien fait de faire une petite thérapie. Cela lui aurait permis de mieux gérer les problèmes de transfert et surtout son contre-transfert.
Elle se pense (je crois) équilibrée mais le chaos de la thérapie et ses multiples entorses à la déontologie, ses erreurs de diagnostics, son absence d'écoute prouvent tout le contraire.
Si elle n'a pas travaillé sa "relation aux hommes" (et probablement ses problèmes de relation aux parents), il n'est pas étonnant qu'elle n'ait pas sû gérer une relation thérapeutique avec un homme (moi) qui visiblement l'a "travaillé".
Donc oui, les psychologues devraient faire un travail sur eux-mêmes et nettoyer les "casseroles" qu'ils trainent. Qui a eu une vie et des parents parfaits ?